En achetant notre sandwich aux moules l’autre matin sur le
port de Whangarei, le vendeur me dit : ‘’ vous etes d’où ?’’. Suite a
ma reponse il me dit que lui aussi est francais installe ici. Ne a Sens, habitant une HLM, il a eu tres tot le gout du large. Il fut longtemps cuisinier sur des bateaux de riches et a parcouru les mers avant de se marier
ici avec une fille du coin. ‘’Venez donc manger dimanche midi’’ suggere-t-il.
Vous me connaissez, quand il s’agit de bouffe, je ne resiste pas. Ainsi,
dimanche apres la messe, nous voila dans la pampa a la recherche de notre
nouvel ami. Perdu au milieu des champs il habite la maison du bon Dieu,
un peu comme chez ma sœur Mimi.
Ici tout est ouvert, pas de clef aux portes, le cheval
gambade dans le pre et les enfants le montent a cru quand ils en ont envie. Le
petit dernier ‘’Titouan’’ prefere sa patinette…
D’ailleurs arrive la manucure du cheval qui lui taille les
ongles toutes les huit semaines…
Le cheval a 20 ans, il est beau il en parait 8 dans cet
environnement de 4 hectares. Il a coute 350 euros. Ici les chevaux ne sont pas
chers, tout le mond en a un comme des vaches, des abeilles, un potager.
L’entr’aide est phenomenale, tout le monde se connait alentours et chacun aide
l’autre avec son savoir pour tuer le bœuf, recolter le miel, planter des
courgettes… La laine du mouton tondu sert a mettre autour des pieds des arbres
pour empecher l’herbe de pousser. Nos ecorce en quelque sorte !
La femme de notre ami est directrice d’ecole, lui aide 20h
par semaine et vend au marche des moules qu’il va chercher dans la mer avec son
pote Maori. Ainsi va la vie au grand
air, sans nœuds au cerveau et avec le sourire au coin des levres.
Arrivent des copines avec leurs enfants, tout le monde se
met autour de la table, dehors sous une tonnelle.
Il fait bon, le chien leche ses pattes dans la niche, le
cheval est reparti gambader et les plats sont sur la table pour que chacun
puisse se servir. Il est pas d'heure...
Une belle lecon de vie qui d’un coup fait oublier le monde
des guerres, des politiciens verreux et des grincements incessants de cette
France qui se croit le nombril du monde.
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